Tous les articles par Maître Albasini Éric

Livre « Taekwondo : Techniques », par Samantha Bouvery

 

Samantha Bouvery, ceinture noire 2ème Dan (lors de la réalisation de son ouvrage), ancienne membre de l’équipe de France technique, a été  Championne de France 97/98 et 98/99.

Commander ce Livre sur le Taekwondo : les Technique

Livre sur le Taekwondo : Techniques par Samantha Bouvery
Livre sur le Taekwondo : Techniques par Samantha Bouvery


  • Édition : Vigot

  • Édité en 2000

 

Le sommaire de son livre comprend :

  • L’histoire du Taekwondo

  • Le Taekwondo et l’enfant

  • Le Poomsé

  • L’échauffement

  • L’étirement

  • L’équilibre

  • Exécution des Poomsé :

  1. Tae Geuk Il jang
  2. Tae Geuk Y jang
  3. Tae Geuk Sam jang
  4. Tae Geuk Sah jang
  5. Tae Geuk Oh jang
  6. Tae Geuk Youk jang
  7. Tae Geuk Tchil jang
  8. Tae Geuk Pal jang
  9. Poomsé Koryo
  10. Poomsé Keum kang
  11. Pomsé Tae beck
  12. Poomsé Pyon Won
  • Compétitions poomsé

  • Lexique :

– Les blocages : Makki
– Les attaques : Tchigui
– Les coups de pied : Tchagui
– Les positions : Sogui

 


Ce que je pense de cet ouvrage sur le Taekwondo Technique ?

 

  • L’historique du Taekwondo est bien développé. Ce dernier parle de la philosophie des Hwarangs et des différentes sources ayant données naissance au Taekwondo moderne. Il relate également les bienfaits de la pratique, des différents aspects du Taekwondo ainsi que les personnes visées par la discipline.

 

  • Des conseils d’étirement et d’échauffement sont donnés pour commencer un entrainement Technique spécifique, mais ces conseils peuvent être appliqués à un entrainement de Taekwondo en général puisque qu’un échauffement pour de la technique sera plus complet.

 

  • Malgré le passé compétitif de Samantha Bouvery, l’ouvrage datant  de 2000, les techniques sont un peu dépassés et ne correspond plus aux exigences de la compétition technique (positions trop hautes, niveau des finitions des techniques, etc), mais suffit amplement à l’ensemble des pratiquants, puisque les compétiteurs Techniques feront des stages pour se mettre régulièrement à jour. De même que les règles pour les compétitions Techniques ne sont plus du tout comme annoncé dans ce livre.

 

Quelques erreurs ont été faites sur la concordance des noms de techniques et des images, mais dans l’ensemble, il n’y a pas de grosses erreurs notables là dessus ni dans l’ordre des photos dans les poomsés.

 

Je recommande ce livre pour la clarté et la bonne qualité de ces photos. Les illustrations ont un très bon contraste pour voir les différents détails des techniques présentées. Il est donc bien pratique comme aide mémoire, pratique et agréable à regarder, on s’y retrouve facilement malgré le manque d’un diagramme de repérage à chaque poomsé. Les principales techniques pour passer des grades jusqu’au 4ème Dan sont présentes.

Vous pouvez le commandez  sur Amazon en passant par ici, Merci

Inscrivez votre club gratuitement dans l’annuaire ou recherchez un club !

  • TAEKWONDO CLUB FRANCE vous propose un annuaire des clubs français de Taekwondo. Grâce à ce service gratuit, vous pouvez trouver un club de Taekwondo dans votre région, votre département ou votre ville et vous obtenez toutes les informations nécessaires afin de vous y inscrire.

 


Facile à consulté, vous pouvez regarder le club de votre Région ou de votre département le plus proche de chez vous.

 

  • Recherchez donc le club le plus proche de chez vous ou inscrivez votre club gratuitement si il n’y est pas encore !

 

Vous êtes un club de Taekwondo ? Alors inscrivez votre club gratuitement et facilement, grâce au formulaire sur la page d’accueil ! 😀

10 conseils pour réussir sa ceinture Noire de Taekwondo

Je vais vous donner ici 10 conseils pour réussir son passage de grade et sa ceinture Noire de Taekwondo :

 

1- Préparez votre ceinture noire de Taekwondo

ceinture noire de taekwondo
La ceinture noire dans les Arts Martiaux est un nouveau départ…

C’est peut être bête à dire comme ça, mais il faut commencer par le commencement, non ? Donc la première chose à faire est donc de préparer son passage et chaque éléments. En effet, on ne viens pas à un examen si l’on est pas dans l’optique de le passé sérieusement et de l’obtenir… Je dis cela mais, pourtant, en tant qu’examinateur en jury de passage de ceinture noire 1er et 2ème Dan en Région, des « touristes » j’en vois plus souvent qu’on ne voudrait le croire ! Donc, penser votre passage, ne serrai ce que par respect envers les examinateurs, envers votre Maître et envers votre passion ! C’est vrai quoi, vous voulez une ceinture Noire de Taekwondo !!!

 

2- Présentez bien

Pensez à être présentable, rasé, peigné… Prenez cela comme la préparation à une compétition. Il faut être « frais et dispo », avoir les idées claires et être donc bien reposé. Votre tenu compte alors venez avec un Dobok bien propre et repassé. Pour les filles, et les garçons, qui ont des cheveux longs, pensez à bien les attacher (natte, queue de cheval, chignon).

 

3- Éliminez le stress

Lors de votre passage et tout du long, si vous n’avez pas l’habitude de ce genre de stress (si vous n’avez jamais fait de compétition Technique par exemple), pensez à avoir une expiration plus lente et plus longue que l’inspiration pour vous calmer et vous concentrer. La longue expiration aura pour effet de ralentir votre rythme cardiaque qui aura tendance à s’emballer avant de présenter une épreuve.

 

4- Restez attentif au moment présent

Ne pensez pas à tout ce que vous devez faire d’un coup ! Chaque chose en son temps ! Les passages de Dan dur en moyenne 4 heures alors vous pouvez bien prendre votre temps pour effectuer vos gestes de façon posées.

Faites ce que vous avez à faire et restez concentré dessus, puis passez à la suivante. Ne pensez pas à vos hoshinsoul que vous avez du mal à maitriser alors que vous en êtes aux poomsés, ce sera le meilleur moyen de vous planter également sur votre enchainement. Ça a l’air encore une fois tout bête mais je vous le dis vraiment par expérience. On en vois tellement qui se plante parce qu’ils veulent tout faire d’un coup.

En Han Bon Kyorugui, par exemple, il est courant de voir les candidats partir avant que le partenaire attaque ou, de ne pas finir son enchainement pour vite passer au suivant, ou encore d’oublier le Kiap… Tant de points perdu bêtement 😉 !

 

5- Montrez des Hanbon originaux

Pour vos Han Bon Kyorugui, pensez à un contenu divertissant pour les examinateurs. En effet, pensez que les examinateurs sont des Êtres Humain et qu’un peu de divertissement est toujours appréciable. Bien souvent on voit 36 enchainement similaire et très basique… Faites en sorte que ce que vous proposé fasse la différence par rapport aux autres.

Puisez dans les poomsés par exemple, c’est une mine riche de mouvements inexploités 😉 ! Soyez présent et précis dans vos gestes et ne subissez pas ce que vous faites… Donnez vis à votre contenu !!! Ce qui est aussi très contrôlé, c’est votre précision, ne soyez pas plus loin que 3 cm de votre partenaire en réalisant votre frappe jusqu’au bout (pas de membres fléchis).

Il faut absolument que vous réussissiez à contrôler ce que vous faites. N’oubliez pas que si vous voulez frapper au niveau tête, il ne faut pas passer au dessus mais devant. Là encore ça a l’air idiot mais on le voit sans arrêt sur les dolieu et momdolieu tchagui par exemple. Quand vous construisez vos Hon Bon ayez donc en tête que c’est une forme de travail qui est une passerelle entre la partie technique martial et le combat self-défense.

 

6- Attention à vos Kibons

En ce qui concerne les Kibons, mis à part le fait indéniable qu’il faut connaitre un maximum de noms de techniques, il faut bien comprendre que cela reste une épreuve physique. Il faut donc répéter le geste avec vigueur, rigueur et intensité.

Ce n’est pas une épreuve reposante, vous vous reposez en rentrant chez vous, aujourd’hui vous passez un Dan ! N’oubliez pas également le Kiap à chaque technique de frappe. Non seulement cela vous aidera à mieux vous oxygéner mais vous donnerez vie également à vos techniques, encore une fois dans le but de sortir du lot du commun des mortels…

Dernier conseil sur cette épreuve, n’hésitez pas à faire répéter les noms des techniques. En effet, les membres des jury peuvent prononcer avec un accent ou une intonation différente de celle dont vous avez l’habitude d’entendre… alors redemander le nom de la technique à effectuer… D’autant plus que certains jury essai d’avoir l’accent plus coréen que les Coréens lol ! (Et on ne comprend plus grand chose :-))

 

7- Montrez que vous combattez intelligemment

L’épreuve combat plastron, kyorugui. Certain s’enflamme en se disant « c’est ma partie, je vais récupérer des points, je vais les défoncer! » STOP !! Arrêtez tout, lol !

Vous n’êtes pas à la finale des Championnats du monde, ce que veulent voir les examinateurs, c’est votre capacité à gérer vos distances ainsi que la partie technico-tactique. Savez vous remiser, contrer, attaquer, défendre, riposter. Savez vous placer un pit en coté fermer, enchainer un coro pit ouvert et vous replacer ensuite ? Savez vous casser la distance pour attaquer et garder cette distance quand vous travaillez en contre. Pratiquez vous le changement de rôle ? Vos technique sont elles brouillons ou est ce bien propre et le combat devient il clair ?

Si vous faites cela vous aurez une très bonne note, je vous le garanti ! SURTOUT, ne scorez pas puis restez collé pour garder l’avantage du point et attendre la fin du chrono, je rappel que vous n’êtes pas en final d’une compétition. Il n’y aura ni arbitre de centre ni tae-top ! Combattez intelligemment, ce sera la panache d’un bon combattant. D’autant plus que les points attribués au combat ne représentent que 10% de la note global alors ne comptez pas sur cette épreuve si tout le reste est foiré !

 

8- Réagissez sur vos Hoshinsoul

Vos Hoshinsouls devront être réalisés avec réactivité au moment même ou vous êtes attaqué. Selon votre partenaire, vous allez peut être avoir des difficultés en cas de résistance (certain partenaire sont plus « lourd » à bouger que d’autre) : ne vous acharnez pas ! Si ça ne passe pas, adaptez vous et enchainez sur une autre technique, cela voudra dire que vous savez faire face à un évènement imprévu. C’est vraiment ce que l’on peux attendre de mieux d’un gradé, c’est de pouvoir s’adapter à une situation en réussissant à bien se placer par rapport à son partenaire.

 

9- Jouez avec les règles et l’Historique du Taekwondo

Vous aurez également des questions d’arbitrage, des questions sur l’historique et le développement du Taekwondo. Apprenez les dates clés qui ont marqué l’histoire du Taekwondo en France et au niveau Mondial. Parler de façon claire, adoptez une attitude sur de vous pour ne pas donner envie aux examinateurs de rebondir sur l’une de vos faiblesses. De même que lorsque vous parlez d’un sujet, ne donnez pas plus de détails que demandé sur un sujet que ne maitrisez pas car le jury risque de vouloir approfondir.

Faites en sorte d’amener les examinateur vous questionner dans votre domaine de prédilection en effleurant certains détails, ce qui deviendra une nouvelle source de questionnement. Je vous conseil grandement de faire les stages en Région sur l’arbitrage car c’est une partie en constante évolution !

 

10- Soyez poli et respectez le protocole

En règle général, sur l’ensemble de votre passage, veilliez à respecter l’étiquette martial. Saluez la table, saluez votre partenaire en arrivant et faites l’inverse en repartant. Restez humble, sobre et concentré.

Respectez votre partenaire, il est là comme vous et pour la même raison, ayez l’esprit d’entraide plutôt que l’esprit de rivalité. En cas de trou de mémoire sur un Hoshinsoul ou un Hanbon, ne restez pas bêtement devant sans rien faire, réagissez, improvisez et adaptez vous à la situation même si vous n’avez pas pu faire ce que vous avez prévu et répété… Ce sera moindre mal qui si vous baissez les bras. Ne dites surtout pas de mots (ou gros mots) exprimant votre déception sur un raté. Ne laissez rien percevoir.

 

 

Résumons :

  1. Pensez et préparez votre passage de ceinture noire de Taekwondo.
  2. Soignez votre présentation et tenue.
  3. Calmez vous en respirant lentement pour vous concentrer.
  4. Concentrez vous uniquement sur le moment présent pour ne rien oubliez et ne pas vous tromper.
  5. Construisez les Hanbon Kyorugui divertissant pour vous démarquer.
  6. Assurez vous du nom de la technique ou de l’enchainement demandé et transpirez !
  7. Le combat doit être un aperçu de vos connaissances technico tactique alors faite voir ce que vous savez.
  8. Soyez réactif sur vos Hoshinsoul et sachez vous adapter à la situation.
  9. Les questions d’arbitrage et d’histoire du Taekwondo demandent des connaissances, apprenez l’essentiel.
  10. Respectez l’étiquette martial.

 

Les origines du Taekwondo

La période des Trois Royaumes

 

L’histoire de la Corée est longue, puisque le premier royaume de Corée, Ko-Choson,

serait né en 2333 av. J.-C. Son fondateur était Dangun, fils de, selon la légende, Hwanung (lui-même fils de Hwanin, dieu du Ciel) et Ungnyeo, une ourse transformée en femme.

 

Carte des 3 royaumes à la fin du Vème siècle : Silla, Paekche (ou Baekje) et Koguryo. Kaya était une confédération de villes-états fortifiées.
Carte des 3 royaumes à la fin du Vème siècle : Silla, Paekche (ou Baekje) et Koguryo. Kaya était une confédération de villes-états fortifiées.

 

Nous allons donc nous intéresser en particulier à une période un peu plus réduite dans le temps, mais couvrant tout de même 10 siècles :

  • D’abord, la période des Trois Royaumes (du Ier siècle av. J.-C. au VIIe), durant laquelle les royaumes de Silla, Paekche et Koguryo cohabitent.
  • Puis la période Silla qui l’a suivie (du VIIe au Xe siècle), durant laquelle la Corée est unifiée, le royaume de Silla ayant annexé les 2 autres.
Le Bouddha de Sokkuram (dynastie Silla). Notez la position des gardes à gauche et à droite, qui rappelle Keumkang Makki

 

 

 

Plus précisément, on va s’intéresser aux systèmes éducatifs militaires de ces deux périodes, parce qu’elles marquent l’essor d’une longue tradition d’arts martiaux coréens, dont le Taekwondo est en quelques sortes l’un des descendants.

 

 

 



Les Hwarangs à Silla

 

Les Hwarangs (ou Sonrangs) sont une confrérie militaire du royaume de Silla.


Le terme Hwarang signifie littéralement « Jeunes gens fleur » ; on pourrait le traduire par « la fine fleur de la jeunesse », mais l’expression, même si elle signifie pour une part l’élite de la jeunesse, ne se limite pas à cela.

En effet, les Hwarangs alliaient l’excellence militaire, intellectuelle et artistique : la beauté de la fleur sert ainsi à décrire l’autre versant du corps militaire. Le Hwarang-Do (où Do signifie « voie ») est ainsi « la voie de l’humanité florissante », car cette excellence individuelle devait profiter à toute la communauté.

Un combat de Sireum. (peintures murales de Gakjeo Chong, dynastie Koguryo)

 

La pratique des arts martiaux et du système Son Bae (copié du Koguryo) se généralise au IVe siècle dans l’instruction militaire et permet de sélectionner des corps d’élite. Ces groupes de guerriers d’élite sont appelés Hwarang-Do : ceux originaires de la noblesse forment les cadres et sont appelés Hwarangs, et leurs disciples et suivants Nangdos. Ils sont créés par le 24e roi de Silla, Chin Heung.

 

 

 

Après une sélection par concours, les Hwarangs vivent en groupes.

Ils s’instruisent aux arts suivants :

  • Gungsa : le tir à l’arc
  • Tuho : les projections
  • Chilgeuk : les coups de pied
  • Kak Choo : un autre type de projections
  • SooBahk : les coups frappés
  • Gisa : le tir à l’arc pratiqué à cheval
  • Taekkyon : un autre type de coups de pied
  • Suryeop : la chasse et la pêche
  • Cho Chum : la natation
  • Geom Sool Bop : le sabre coréen
  • Sireum : lutte

 

L’initiation au confucianisme fait aussi partie de l’éducation donnée aux Hwarangs, les Hwarang-Do formant non seulement une élite guerrière, mais aussi intellectuelle et administrative. La beauté et l’intelligence ainsi que la maîtrise de la littérature comptaient autant que l’excellence dans la maîtrise des arts martiaux. L’entraînement incluait également des cours de musique et de danse.

 

Les Hwarangs avaient également une activité civile importante : ils construisaient les infrastructures (routes, ponts) nécessaires à la prospérité du royaume. Sur les trente Hwarangs connus des sources, peu restèrent définitivement militaires.

 

Le Hwarang-Do est autant une éducation au combat qu’un mode de vie imprégné de philosophie confucianiste, et un code de conduite est donné aux Hwarangs : c’est le Hwarang-o-kae. La loyauté envers le souverain est une des vertus exigées des Hwarangs, avec le courage au combat, le respect des aînés, un dévouement à toute épreuve envers les camarades.

 

Aussi bien chez les Hwarangs que dans les Son Bae de Koguryo, les valeurs morales furent placées au premier rang. Les actions profitant au groupe aussi bien qu’à l’individu sont seules considérées comme bénéfiques.

 

Les Hwarangs jouent un rôle fondamental dans l’unification de la Corée sous l’égide du royaume Silla, notamment lors des alliances stratégiques, d’abord avec Koguryo pour éliminer Paekche, puis avec la Chine des Tang pour éliminer Koguryo.

Parmi l’élite que sont les Hwarangs, les Sool Sa (« cavaliers de la nuit ») sont une élite supérieure, qui est instruite dans l’art du Un Shin Bop, le combat caché. Ce combat caché est en fait l’espionnage et la diplomatie, et comprend l’art de la dissimulation, l’art de l’infiltration, l’art de se déplacer sur n’importe quel terrain (y compris dans les arbres), et l’art d’utiliser son esprit.

 

Les Pyung Dang au Koguryo

Un combat de Soo Bahk ou de Taekkyon (peintures murales de Muyang Chong, dynastie Koguryo)
Un combat de Soo Bahk ou de Taekkyon (peintures murales de Muyang Chong, dynastie Koguryo)

 

Dans le Koguryo, on nomme cette institution Son Bae ou Pyung Dang (signifiant approximativement « homme vertueux qui ne bat jamais en retraite «). Créée en 372, elle vise à produire des combattants experts et succède aux écoles d’art martiaux enseignant le SooBahk et le Taekkyon. C’est d’ailleurs le SooBahk qui est l’ancêtre des arts martiaux du Silla. Les guerriers du Silla y sont initiés après une guerre commune de Koguryo et de Silla contre les pirates japonais.

 

Après une sélection, ces jeunes gens célibataires sont formés aux arts martiaux et à la littérature classique chinoise.

Les principales disciplines enseignées étaient :

  • Gungsa : le tir à l’arc
  • Geom Sool Bop : le sabre coréen
  • Gisa : la course à cheval
  • Dangeom Sool : l’art du lancer du couteau
  • Jjireugi : les coups frappés et les coups de pied
  • Suyeong : la natation et le combat aquatique
  • Pungryu : la musique, y compris le tambour et le gong
  • Suryeop : la chasse et la pêche
  • Jeongchiwa Gojeon : l’étude des littératures classique et politique

 

Les meilleurs élèves sont versés dans le corps des Sun Bi (« guerriers braves et intelligents »). Ce corps d’élite a pour signe distinctif le port de cinq dan kum (des couteaux courts) et d’une pierre à aiguiser.

Ils participent à des tournois, dont les épreuves comprennent le combat à mains nues, avec des pierres, la chasse et le tir à l’arc. Les vainqueurs jouissent d’une grande renommée dans le royaume.

 

Les Kukson du Paekche

« L’homme fort » (peintures murales de Samsil Chong, dynastie Koguryo)

 

À Paekche, l’institution de formation des élites est créée en 320 par le roi Bi Ryu. Elle avait lieu dans un bâtiment dédié à cet usage à l’ouest de la capitale.

 

Les principales disciplines d’entraînement sont :

  • Gisa : la course à cheval ;
  • MokBong : le combat avec le bâton de bois ;
  • Geom Sool Bop : le sabre coréen ;
  • Soo Sool : le combat à mains nues ;
  • Jung Dae Bop : la défense contre les attaques de plusieurs adversaires ;
  • Busu : les sutras bouddhistes ;
  • Gojeon : la littérature classique.

 

 

Le Soo Sool est un des arts martiaux les plus anciens et les plus évolués de Corée. Des tournois avaient lieu chaque mois les nuits de pleine lune afin de garder les guerriers au meilleur de leur forme.

 

 

Le Taekwondo moderne

  • La création

 

Bien que ses origines soient très lointaines, le Taekwondo est un art martial jeune, puisqu’il a vu le jour en 1955.

 

Mais revenons quelques décennies en arrière. Depuis la fin du XIXe siècle, le Japon, mené par son empereur Mutsuhito, est dans une période d’expansion extérieure. Après s’être imposé face aux Chinois en 1895, puis aux Russes en 1905, le Japon annexe entièrement la Corée en 1910.

A partir de cette date, les arts martiaux coréens sont décrétés hors-la-loi, et sont remplacés par le Judo et le Karaté. Néanmoins, ils survivront dans l’ombre, jusqu’à la libération en 1945, à la fin de la IIe Guerre mondiale.

Coupure de presse relatant la réunion du 11 avril 1955
Coupure de presse relatant la réunion du 11 avril 1955

La Corée étant maintenant libre, le « Mouvement pour la Restauration de l’Originalité Coréenne » se crée. Comme son nom l’indique, le but est de restaurer une identité coréenne, qui a été occultée par la longue occupation japonaise.

Le 11 Avril 1955 se tient une commission réunissant des historiens, des politiciens, et des experts en arts martiaux coréens. Le but est de recréer un art martial national, en faisant une synthèse d’arts martiaux coréen tels que le Taekkyon, le SooBahk, le KwonBup, …

C’est le Général Choi Hong Hi qui a alors proposé le mot « Taekwon-Do » (Tae : le pied, Kwon : le poing, Do : la voie) pour désigner ce nouvel art, c’est pourquoi on le considère comme le père fondateur du Taekwondo, bien qu’il n’ait pas été le seul expert à y contribuer.

 

  • Développement et conflits

Le général Choi Hong Hi (1918-2002)

 

En 1959, le Taekwon-Do s’internationalise : le général Choi, suivi d’une vingtaine d’instructeurs, organise des démonstrations dans plusieurs pays. La même année est créée la première fédération de Taekwon-Do : la KTA (Korea Taekwon-Do Association), dont le Général est le président.

 

 

 

 

 

Le général Choi Hong Hi effectuant une casse de planche
Le général Choi Hong Hi effectuant une casse de planche

 

 

Quelques années plus tard, en 1961, alors qu’il a quitté l’armée, et est Ambassadeur en Malaisie, il est officiellement chargé par le gouvernement coréen de diffuser le Taekwon-Do dans le monde.

Hwang Kee (1914-2002)
Hwang Kee (1914-2002), du Tang soo do moo duk kwan

 

Mais dès son départ, des conflits refont surface.

En effet, hormis les militaires du Chung Do Kwan et Oh Do Kwan, peu pratiquaient le Taekwon-Do tel que l’enseignait le général Choi, et de nombreux maîtres, non satisfaits du nom « Taekwon-Do » continuent à enseigner sous d’autres noms comme le KongSooDo et le TangSooDo.

 

Ils ne sont d’ailleurs pas les premiers. En particulier, Hwang Kee, du Tang Soo Do Moo Duk Kwan, n’avait jamais vraiment adhéré à la KTA. Malgré « l’unification » en 1955, il a continué de son côté avec la Korea TangSooDo Association, renommée Korea SooBahkDo Association (KSA) en 1960. Rejointe peu après par le Jidokwan, la KSA sera pendant plusieurs années la principale rivale de la KTA.

 

Le président Sud-Coréen Park Chung Hee ordonne alors une réunification des écoles, et le 16 septembre 1961, une nouvelle réunion a lieu. Les différents représentants tombent d’accord sur le terme Tae Soo Do (« la Voie du pied et de la main »), et la KTA est renommée en conséquence Korea TaeSooDo Association.

À son retour de Malaisie, le Général Choi demande un vote pour rechanger le nom TaeSooDo en Taekwon-Do, ce qui a lieu le 5 août 1965. Les conditions de ce vote restent douteuses, car le nom Taekwon-Do, qui ne contentait pourtant que l’Oh Do Kwan et le Chung Do Kwan, n’a été choisi qu’avec une voix d’écart.

Les choses se poursuivent donc ainsi, bon gré, mal gré, jusqu’en 1966 où est créée la première fédération mondiale de Taekwon-Do : l’ITF (International Taekwon-Do Federation), dont le Général Choi devient là encore le président.

 

  • Les 5 écoles (styles) de Taekwondo et leur Maitre fondateur

 

  • Chung Do Kwan (Lee Won Guk)

  • Mu Do Kwan (Hwang Ki)

  • Song Mu Kwan (No Byung Jik)

  • Ji Do Kwan (Lee Jong Woo)

  • Yeon Mu Kwan (Jon Sang sob)

 

  • La scission

 

Les tensions se font de plus en plus fortes entre les membres de la KTA et le général Choi, car celui-ci ne reconnaît que les ceintures noires de l’Oh Do Kwan, son école, et du Chung Do Kwan, ce qui n’est bien sûr pas apprécié par les autres maîtres. De plus, il continue à faire évoluer son programme sans tenir compte des avis des autres instructeurs. La KTA commence donc à fonder un programme technique commun et nomme un comité de création de formes, duquel sortiront les poomsés encore utilisés actuellement (voir aussi l’historique des poomsés).

Puis, au début des années 1970, le général entreprend d’organiser une démonstration en Corée du Nord, où il est né (plus exactement, depuis la séparation Nord/Sud en 1953, sa région natale se trouve située en Corée du Nord). Son but n’était que de faire connaître le Taekwon-Do à « l’autre Corée », mais l’action n’est quoiqu’il en soit pas spécialement apprécié par le gouvernement sud-coréen du moment, et par-dessus le marché certains de ses adversaires voient là une occasion de prendre le contrôle du Taekwon-Do à l’échelle mondiale. A l’époque, le Taekwon-Do est avant tout un enjeu politique et non sportif !

En 1972, craignant pour sa propre sécurité, le général quitte la Corée, et s’installe au Canada, d’où il continue à diffuser le Taekwon-Do.

Côté sud-coréen, il n’est bien sûr pas question de continuer à pratiquer sous le même drapeau que celui du Général Choi.

En 1973, le Kukkiwon (quartier général mondial du Taekwondo) est inauguré, et la même année, à l’occasion des premiers championnats du Monde de Tae Kwon Do, est créée une seconde fédération mondiale, la WTF (World Taekwondo Federation).

 

Afin de marquer la différenciation, l’orthographe est modifiée et devient Taekwondo au lieu de Taekwon-Do.

 

Depuis, le Taekwon-Do ITF est considéré comme nord-coréen, et le Taekwondo WTF comme sud-coréen, alors qu’à l’origine tous deux ont été créés en Corée du Sud, et que la Corée du Nord n’a intégré l’ITF qu’au début des années 1980.

Le retour furtif en Taekwondo de Pascal Gentil

Lors des Championnats de France Combat Senior 2011 de Taekwondo,Pascal Gentil, notre double médaillé Olympique est revenu disputer un ultime titre de Champion de France Combat.

 

Lors d’une interview lors du Championnat, Pascal dit alors :

J’étais venu pour gagner un 15ème titre. C’est bien le chiffre 15, non ?

 

  • Ces Championnats ont eu lieu à Strasbourg le 5 février 2011, et ont eu droit à un petit goût d’Olympisme avec la présence de Pascal Gentil.
Le 15ème titre de Champion de France pour Pascale ! Il impressionne toujours autant…

En 2009, Pascal Gentil part en Chine travailler pour l’entreprise Véolia.

À 37 ans notre compétiteur remet donc le couvert pour un dernier Championnat, alors qu’il avait fait ses adieux à la compétition en 2009.

 

Dès lors, les médias ont reparlé du Taekwondo… Et oui, Pascal Gentil et les médias ont toujours été de pair.

Il faut savoir qu’en général la discipline ne fait pas beaucoup de vague dans les médias mais Pascal a toujours su s’attirer les journalistes et faire connaître, pour le coup, le Taekwondo auprès du grand public. Pourquoi ?

Pascal Gentil a un charisme et un caractère très expressif qui fait qu’il ne passe jamais inaperçu, de plus avec son 2m05… Il fait également parti du gratin de la Jet 7 et est un fêtard qui sait mettre l’ambiance dans les soirées.

Quand on le côtoie, le plus souvent, on aime ou on n’aime pas, mais le personnage laisse rarement indifférent ! Ok, il aime bien parler de lui et il aime bien qu’on l’écoute parler, mais avouons le, c’est bien une figure emblématique de ce Sport Olympique. La preuve en est que durant ces deux ans d’intervalle où « le grand » n’était pas là, le Taekwondo ne faisait pas de bruit, ni dans les journaux ni à la télévision.

 

  • On pourrait même l’appeler « Monsieur Pub » !

Personnellement, si j’étais un dirigeant de la Fédération Française de Taekwondo (FFTDA), je l’aurai embauché pour promouvoir l’art martial… En effet, Pascal Gentil est un support publicitaire à lui tout seul…de part son palmarès, ses exploits et son charisme !!

Pascal Gentil sait jouer avec son look et pose comme modèle

De plus, c’est un athlète d’exception avec des qualités physiques hors normes, puisqu’il revient, à 37 ans, combattre toujours en catégorie Senior (c’est à dire avec des athlètes de 18 à 29 ans).

Il remporte donc avec brio le titre de Champion de France Combat 2011 en +87Kg. La finale, contre Mathias Maizeroi (7-1, 8-1, 8-1) lui donne alors accès à son 15ème titre de Champion de France de Taekwondo !

 

On peut dire de ce retour ce que l’on voudra, de bonnes ou de mauvaises choses… Quoiqu’il en soit, cela a permis au français dans sa catégorie de pouvoir se confronter à l’un des meilleurs et permet donc d’apprendre. Maintenant je ne suis pas dans sa tête pour savoir ce qui a réellement motivé ce passage sur les tatamis.

 

 

 

J’aurai tendance à penser que c’est un homme de défi qui a tellement eu l’habitude d’être sous les projecteurs , qu’il devait être en manque et que cela lui a permis de se « ressourcer » un peu dans une matière qu’il maitrise.

Historique du Taekwondo WTF et ITF

Pourquoi existe t-il deux styles (deux fédérations) de Taekwondo : l’ITF et le WTF ? Pour comprendre ce pourquoi, je vous propose de retourner dans le passé et découvrir l’historique du Taekwondo…

 

Le commencement, la période des 3 royaumes

 

Carte des 3 royaumes à la fin du Vème siècle : Silla, Paekche (ou Baekje) et Koguryo. Kaya était une confédération de villes-états fortifiées.
Carte des 3 royaumes à la fin du Vème siècle : Silla, Paekche (ou Baekje) et Koguryo. Kaya était une confédération de villes-états fortifiées.

Comme beaucoup d’arts martiaux, le taekwondo s’appuie sur une tradition très ancienne, et existait bien avant le Moyen Âge en Corée, à travers de nombreuses écoles, sous le nom de

Subak (수박), Subakhi, Subyok, Taekkyeon (태껸), Bikaksul, Subyokta et Gweonbeop (권법). Le passé du taekwondo est décelable à travers l’histoire orale et les objets issus de l’époque des trois premiers royaumes de Corée (Goguryeo (고구려), Baekje (백제) et Silla (신라)) ; ainsi, la découverte en 1935 par des archéologues japonais de deux tombes royales (sur les plafonds desquels sont représentés des techniques et des positions de combat) atteste sans doute l’existence d’arts martiaux originels dans le royaume de Goguryeo, d’autres trouvailles archéologiques allant dans le même sens.

Le passé historique du taekwondo est principalement retracé par les peintures murales des tombes royales de l’époque Goguryeo (royaume fondé en 37 av. J.-C. par Gojumong (고주몽), plus connu sous le nom de roi Dong Myeong Sung, et qui perdura jusqu’en 668). Les fresques de Muyang Chong et de Don Su-myo représentent des scènes d’entraînement, et celles de Samsil Chong montrent un homme dans une pose basique d’art martial. La datation historique de ces fresques oscille entre l’an 3 et l’an 427 de notre ère.

Une tribu qui avait fui de Goguryeo, Baekje, s’installa aux abords du bassin de la rivière Han (한). Le chef, Onjo-wang (온조왕), unifia toutes les tribus existantes et forma l’ancien royaume de Baekje en 18 av. J.-C. Comme dans les autres royaumes, les arts martiaux jouaient un rôle significatif dans la défense du pays. Ainsi naquit le susa (comparable au Hwarangdo de Silla). À cette époque, un autre prédécesseur du taekwondo, le subyokta, était pratiqué dans les villages du royaume sous la forme d’événement populaire, le gagnant des compétitions pouvant parfois devenir chef de village ou militaire. Ce fut néanmoins dans le plus petit des trois royaumes, Silla, que fleurirent les arts martiaux qui lui permirent de lutter avec plus ou moins de succès autant contre les attaques des royaumes voisins que contre celles des îles japonaises.

 

Graphies du mot taekwondo, en hangeul

Le royaume de Silla fut fondé par Park Hyuk Geosae en 37 av. J.-C. et perdura jusqu’en 935 de notre ère. Bien qu’en plus d’être le plus petit des trois royaumes, Silla fut une société dite « primitive », celui-ci influença directement la naissance du taekwondo. Au départ désorganisé, ce royaume devint sous l’impulsion de son fondateur le plus puissant des trois royaumes, notamment grâce au développement d’une armée unie et disciplinée (dont les valeurs ne sont pas sans rappeler celles des chevaliers des chansons de geste du Moyen Âge en Occident). Le Hwarangdo (화랑도) crée par le 24e roi de Silla était d’abord une organisation militaire d’élite constituée par des soldats ayant fait leurs preuves durant la bataille. Ces jeunes recrues, appelés Hwarang (화랑) (jeunes nobles, « chevalier à la fleur »), pratiquaient une nouvelle forme d’art martial codifié, parallèlement aux autres matières institutionnelles. Leur influence ne fut probablement pas sans conséquence sur l’histoire militaire du royaume qui put tant maintenir ses ennemis à l’écart qu’unifier la Corée en 688 ap. J.-C. Notons qu’à cette époque, les arts martiaux traditionnels coréens prirent une ampleur particulière dans les institutions.

En 935, alors que tombe le royaume de Silla, se met en place la dynastie Goryeo (고려), fondée en 918 par Wang Geon (왕건). Dans les mémoires de Goryeo, un art martial proche du taekwondo fut d’abord appelé subakhi. Populaire auprès du peuple de Goryeo, il est probable que, de même qu’auparavant dans les autres royaumes, les rois aimaient assister aux compétitions de subakhi et récompenser les gagnants. Il est de notoriété que l’université nationale de Goryeo et la plus grande institution éducative sur la pensée confucéenne de l’époque, « Gukjagam », enseignaient systématiquement le subakhi jusqu’au plus haut niveau. En outre, la dynastie connut un essor commercial qui permit les échanges culturels, dont le subakhi. Inversement, le royaume subit les influences d’arts martiaux étrangers.

 

De la création à la scission

général Choi Hong Hi, fondateur officiel du Taekwondo en 1955
Le Général Choi Hong Hi, fondateur officiel du Taekwondo en 1955

 

Le taekwondo est officiellement créé le 11 avril 1955 par le général Choi Hong Hi (최홍희), après un long travail de développement et d’unification des différentes écoles d’arts martiaux coréennes. C’est donc à la fois le fruit d’une longue tradition martiale et le fruit du travail d’un homme, le général Choi Hong Hi (최 홍 히), qui présida la réunion de 1955.

Ce dernier commence en effet sa pratique du taekkyon, un très ancien art martial coréen basé sur des techniques de jambes très complètes pendant sa jeunesse. Nous sommes dans l’entre-deux-guerres, et la Corée est encore sous la domination japonaise. Lorsque le jeune Choi part faire ses études au Japon, il rentre en contact avec le maître de karaté Funakoshi, sous la direction duquel il commence à pratiquer. De retour en Corée, il poursuit son travail sur le développement d’un nouvel art martial, combinaison du karaté et d’anciens arts martiaux coréens. Mais la Seconde Guerre mondiale éclate, et il est enrôlé de force dans l’armée japonaise. À la libération, son travail sur l’art martial continue. Mais la Corée est de nouveau plongée dans la tourmente du conflit idéologique entre Nord et Sud. Choi Hong Hi s’engage dans la toute jeune armée Sud-coréenne, qu’il contribue à fonder (il fait partie des « Pères fondateurs de l’armée coréenne »). Il commence alors à enseigner son art à ses troupes. Son but est de donner à une Corée meurtrie par l’occupation japonaise et la guerre un art martial national, mais aussi de fonder sur la base des derniers progrès scientifiques une pratique d’autodéfense rationnelle. C’est cet aspect scientifique qui donne sa spécificité première au taekwondo, puisque chaque mouvement est étudié en fonction des principes scientifiques dans le but d’obtenir le maximum de puissance.

L’équipe de démonstration de Taekwondo dirigée par Maitre Choi en 1959 au Viet Nam

Après la création officielle du taekwondo, le 11 avril 1955, des équipes de démonstration furent constituées. Composées des meilleurs représentants de cet art martial nouveau, elles avaient pour objet d’effectuer des tournées dans le monde entier afin de faire connaître le taekwondo. En mars 1959, une première tournée fit découvrir à Taïwan et au Sud Viêt Nam ce nouvel art martial.

 

En 1961-62, le taekwondo était pratiqué par les militaires coréens autant que par la population civile de ce pays, mais aussi par les forces armées américaines stationnées en Corée. Ces mêmes années, le taekwondo fut introduit à l’académie militaire de West Point (USA), l’une des plus réputées du monde.

Voici l’équipe de démonstration dirigée par Maitre Choi, réalisant la tournée de « promotion » du Taekwondo en 1965

Nommé ambassadeur en Malaisie, le général Choi introduisit le taekwondo dans ce pays, après avoir effectué une démonstration dans un stade à la demande du premier ministre Malais. En 1963, l’Association malaise de taekwondo fut créée.

En juin de la même année, une démonstration eut lieu dans le bâtiment des Nations unies, à New York, et le taekwondo fut choisi pour l’entraînement des militaires du Sud Viêt Nam.

Toujours en 1963, les associations nationales de Singapour et de Brunei furent créées.

En 1965, le général Choi prit sa retraite avec le grade de Général deux étoiles, et fut chargé par le gouvernement de Corée du Sud de diriger une tournée en Allemagne de l’Ouest, Italie, Turquie, Émirats arabes unis, Malaisie et Singapour. Les membres de son équipe de démonstration étaient Han Cha Kyo (VIe dan à l’époque), Kim Jun Kun (Ve dan), Kwon Jai Hwa (Ve dan) et Park Jong Soo (Ve dan).

Ce fut l’occasion de faire connaître le taekwondo dans ces pays, ainsi que d’établir les associations nationales qui, le 22 mars 1966 se réunirent pour former la Fédération internationale de taekwondo (ITF), à Séoul.

Les pays fondateurs de l’ITF sont donc la Corée, le Viêt Nam, la Malaisie, Singapour, l’Allemagne de l’Ouest, les États-Unis, la Turquie, l’Italie et les Émirats arabes unis. Le taekwondo fut alors reconnu comme l’art martial national de la Corée.

L’équipe de démonstration de Taekwondo en 1968 en France, à Paris

En 1968, le Général Choi visita la France à l’occasion du symposium sur le sport militaire et y organisa une démonstration devant les représentants de 32 pays. La même année, le Royaume-Uni forma une association nationale de taekwondo, et le général se rendit en Espagne, au Canada, aux Pays-Bas, en Belgique et en Inde. En 1969, le général effectua une tournée dans 29 pays afin de rencontrer les instructeurs de ces différents pays et effectuer les prises de vues qui illustrent la première édition de l’Encyclopédie (1972). L’année 1970 fut à l’image de 1969 : le général voyagea dans le monde entier pour faire découvrir le taekwondo et conduire des séminaires pour former des instructeurs ou perfectionner la technique de ceux-ci.

 

1973, une année charnière

Le Général Choi Hong Hi, Maitre fondateur du Taekwondo décéda le 15 juin 2002 à Pyongyang en Corée du Nord après avoir dédié sa vie entière au Taekwon-Do.

En 1972, le Général Choi introduisit le taekwondo en Bolivie, République dominicaine, Haïti et Guatemala. Mais confronté à une situation politique particulièrement difficile dans son pays, il fut contraint à l’exil : en effet, le gouvernement sud-coréen avait désapprouvé une initiative du général Choi de faire une démonstration de taekwondo en Corée du Nord, où il s’était rendu en 1966. Le développement du taekwondo en Corée du Nord est dû notamment à Yoon Byung-in.

 

Afin de ne pas perdre le taekwondo, et avec l’accord des pays membres de l’ITF, le général Choi déplaça le siège de l’ITF à Toronto, au Canada, d’où il espérait pouvoir diffuser plus aisément le taekwondo dans les pays de l’Est.

Le gouvernement de Corée du Sud, qui ne voulait pas, lui non plus, perdre le taekwondo, qui était devenu un extraordinaire outil de propagande pour le pays, créa la WTF (World Taekwondo Federation ou Fédération Mondiale de Taekwondo) en 1973.

Après un remaniement total des techniques, ce nouvel art martial, totalement différent du taekwondo créé par le général Choi, commença à se répandre dans de nombreux pays.

Bénéficiant de l’appui du gouvernement, cet art martial put se développer très rapidement, surtout dans les pays de l’Ouest.

Pascal Gentil, le double médaillé Olympique Français en Taekwondo WTF

Dès lors, les deux taekwondos cohabitent plus ou moins pacifiquement. Le maintien d’un seul nom pour désigner ces deux disciplines est à la base de nombreuses confusions, ces deux arts martiaux étant très différents dans les faits. Si le taekwondo du général Choi a poursuivi son évolution scientifique, celui de la WTF a pris une tout autre direction, celle de l’olympisme.

C’est ainsi qu’il fut reconnu sport olympique en 2000.

Précisons ici que cet art martial est encore fortement majoritaire en France, où l’ITF ne se développe de nouveau que depuis une dizaine d’années.

Le Taekwondo sur Bordeaux-Bouliac

La Région Aquitaine s’étend sur 5 départements et est très vaste en terme de superficie. En effet, avec ces 41309 Km2, la Région Aquitaine est la 3ème plus grande Région de France.

 

L'équipe de Taekwondo des Challengers pratique dans 3 clubs sur 3 communes : Bouliac, Génissac et Coutras

La densité de sa population est de 75 habitants au Km2 seulement contre 960 habitants au Km2 pour la Région Ile de France par exemple.

 

Cela est du à de larges champs agricoles, à des forêts (telle que les Landes) et à des terres viticoles très abondantes sur la Gironde principalement.

Tout ceci ne simplifie pas la tâche pour le développement sportif et dans notre cas, des arts martiaux tel que le Taekwondo.

 

  • Sur la Région Aquitaine, le Taekwondo représente en moyenne 1200 licenciés pour 27 clubs.

La plus grande partie des clubs sont situés sur Bordeaux et la Communauté Urbaine de Bordeaux (la CUB) comme les villes tel que Pessac, Saint Médard en Jalles et Bouliac. Ensuite il faut faire un peu de route et là on arrive sur des clubs dans les communes de Saint André de Cubzac, Cézac et Génissac.

Le Taekwondo se développe peu à peu sur Bordeaux et grâce à l’ouverture de plusieurs clubs dans Bordeaux centre et la CUB de Bordeaux, la Ligue Aquitaine à progressé de 400 licenciés en 6 ans.

Le Taekwondo Club de Bouliac est affilié à la Fédération Française de Taekwondo et Disciplines Associées (FFTDA)
  • C’est à peu près à cette époque où le club de Taekwondo de Bouliac a été créé (il y a 7 ans).

Le Taekwondo club de Bouliac est idéalement placé près de Bordeaux, à 10 minutes du centre-ville par la rocade, non loin des centres commerciaux de Bouliac tel que Leroy-Merlin, Auchan ou Décathlon.

Le club de Taekwondo des Challengers de Bouliac se veut être une section sportive dynamique à l’image de cette pratique martial traditionnelle Coréenne pleine de valeurs fondamentales.

L’équipe se déplace de plus en plus ces dernières années :

  1. Participation à des démonstrations locales et Régional (Conforexpo-Salon des Sports)
  2. Participation aux compétitions Régionales et Nationales en Combat et en Technique
  3. Participation aux compétitions Techniques International

La progression du club ces dernières années a été exponentielle et se retrouve propulsée sur les podiums Internationaux depuis cette saison grâce à une équipe motivée.

La bataille pour les plastrons électroniques en Taekwondo

Du côté de la KTA…

Début janvier 2009, l’Association coréenne de Taekwondo (KTA), par la voix de son président, M. Hong Jun-pyo, a annoncé avoir achevé les discussions officielles sur le plastron électronique et a décidé d’établir ses propres normes.

 

La KTA a, en effet, tenu une réunion le 5 janvier 2009 et s’est prononcée sur le cahier des charges demandé au futur système de plastron électronique qu’elle certifiera. Le spécialiste Yang Jin-bang a déclaré que :

Nous avons, avant tout, besoin plus spécifiquement de déterminer l’impact nécessaire pour marquer un point, ainsi la démarche sera efficace. Les autres détails et problèmes de programmation pourront être réglés par la suite.

 

La KTA avait mené des expérimentations sur les différents plastrons électroniques au cours de diverses compétitions et a recueilli une très grande quantité d’informations émanant des arbitres, des entraîneurs et les combattants.

Une fois ces normes déterminées, la KTA les a fait parvenir à l’Institut coréen des Sciences du Sport (KISS). Les plastrons électroniques y ont été analysés et évalués avec l’objectif de déterminer la marge d’erreur acceptable entre, par exemple, un coup de pied de la force souhaitée pour marquer un point et un autre coup de pied similaire mais manquant d’impact pour scorer. L’Association coréenne de Taekwondo n’utilisera qu’un système de plastron électronique, lequel remplira parfaitement les normes qu’elle a fixées.

Les plastrons électronique Addidas, de Taekwondo, n’ont pas besoin de pitaines car ce sont des capteurs de pressions.

 

L’association coréenne renvoie ainsi les fabricants de plastrons électroniques à leurs études. La Fédération Mondiale de Taekwondo (WTF) a approuvé, en 2009, le système La JUST, mais l’annonce de la KTA entrouvre la porte aux autres compagnies (Adidas, Daedo ou autres). L’appel d’offre pousse alors ces fabricants à mener plus loin leur développement du plastron électronique et leur permettre de fournir un meilleur système.

 

 

Une personnalité influente du Taekwondo a même déclaré que :

La KTA vient de faire ce que la WTF était censé faire. La Corée est l’un des premiers pays en matière de nouvelles technologies et je ne peux pas croire que le système actuel représente ce que nous sommes capables de produire.

Elle ajoute même :

Si des sociétés comme Samsung, LG ou des universités de renom telles que le KAIST (Institut Avancé Coréen des Sciences et de la Technologie) ou encore le POSTECH, décidaient de s’engager dans le développement, nous ferions approuver un système par l’ensemble du monde du Taekwondo.

 

La WTF a décidé d’attendre l’annonce officielle des normes de la KTA pour prendre des mesures. Cette dernière a projeté de lancer des essais poussés dès la révélation de ses nouvelles normes.

 

Or, quelques jours après la tenue de cette réunion, le président de la KTA dévoilait ces fameuses normes certifiées pour le futur système de plastron électronique. La mesure de l’impact et la précision, la différence entre les coups de pied valables et non-valables et l’efficacité du système d’opération constituent donc les paramètres à évaluer lors des tests demandés par la KTA.

  • L’impact, la précision et la cohérence

Un même coup de pied sera délivré 5 fois sur chacune des 28 zones du plastron dotées d’un capteur. 10 coups de pied supplémentaires seront réalisés sur ces mêmes zones mais avec un impact doublé. Cette expérience sera répétée deux fois. La marge d’erreur acceptable pour les 5 premiers tests doit être de +/-3 (soit 6 %) et pour les 10 tests suivants, la marge d’erreur a été fixée à +/-6 (soit 12 %).

  • La validité des techniques

Jusqu’à maintenant, lors des compétitions utilisant un système de plastron électronique, ce paramètre a suscité la plupart des controverses. Pour cette raison, plutôt que la réalisation d’une batterie de tests supplémentaires, la KTA évaluera ce paramètre lors de démonstrations organisées avec l’un des différents systèmes.

  • L’efficacité du système d’opération

La KTA privilégiera un système pouvant détecter les dysfonctionnements ou les bugs du système d’opération susceptibles de survenir pendant les combats. Cela sera aussi évalué lors de démonstrations. Le prix actuel des plastrons électroniques étant trop élevé, un système efficace et d’un prix abordable sera donc préféré.

 

L’association coréenne de Taekwondo a également décidée de mettre en ligne sur son site internet les informations recueillies. Les compagnies comptant participer aux essais devaient formuler une demande dès le 10 janvier 2009. L’évaluation a durée jusqu’au 28 février 2009 et les résultats ont été annoncés le 15 mars 2009.

 

Du côté de la WTF

  • Début en 2006
Voila à quoi ressemblaient les premiers plastrons électronique Lajust en 2006, pour les combats en Taekwondo.

 

 

La Fédération Mondiale de Taekwondo (WTF) a déclaré avoir signé à Séoul, le lundi 11 septembre 2006, un contrat de 5 ans avec la société coréenne d’équipement LaJUST pour lui fournir des protections électroniques.

La WTF declare dans un communiqué de presse qu’un système de pointage électronique devrait être introduit au plus tôt en mai 2006 prochain pour les 18èmes Championnats du Monde à Pékin.

 

 

 

L’introduction du matériel électronique devrait améliorer l’image du taekwondo et de la WTF et réduire la probabilité de décisions arbitrales controversées.

poursuit ce communiqué de presse.

Le président du moment de la WTF, Choue Chung-won déclare :

L’utilisation du matériel électronique peut rendre l’arbitrage en taekwondo plus objectif et transparent .

 

Les plastrons électroniques LaJust en 2009 étaient les plus appropriés pour les kyorugui en Taekwondo

 

Le chaussons (pitaines) avec des capteurs sont requis pour l’utilisation des plastrons électronique LaJust.

 

Après une série de tests, démonstrations et évaluations réalisée par la WTF, commissionnée par l’Institut Coréen des Sports et des Sciences, la compagnie LaJUST fut la seule à répondre acceptablement au niveau technique requis par le cahier des charges de la WTF.

 

 

Cette société a commencé à développer les plastrons électroniques en 1982 et a conduit des démonstrations dans environ 130 compétitions, souligne le communiqué de presse.

 

LaJUST était en concurrence avec des rivales telles que la société autrichienne ATM, l’espagnole Daedo International et True Score, une joint venture coréano-américaine.

 

  • …Puis en 2009

Le Secrétaire général de la WTF, Suk Jin Yang, annonce par courrier le 17 mars 2009 que, sous la direction du Président de la WTF, un comité ad hoc spécial pour les protections électroniques a été créé. Sa mission est d’analyser la situation de manière intensive des protections électroniques et de recommander ensuite les décisions à prendre à la WTF.

 

Après une série de réunions et d’études, le comité ad hoc a recommandé à la WTF de prendre l’initiative d’utiliser des protections approuvé par la WTF lors de l’édition 2009 des Championnats du Monde WTF de Taekwondo par équipe et lors des championnats de la 1 ère Coupe Mondiale WTF Para-Taekwondo, sous réserve de post-évaluation de la commission ad hoc et de son groupe de travail afin de déterminer si oui ou non les protections électroniques seraient utilisés à l’avenir lors des Championnats promus par la WTF.

 

La prochaine réunion du comité ad hoc et de son groupe de travail à eu lieu le 6 mai 2009 à Lausanne, en Suisse, où d’autres entreprises produisant des protections électroniques seront invités à démontrer leurs systèmes pour les membres du comité ad hoc et de son groupe de travail.

 

La WTF s’efforce de valider le système le plus efficace pour les compétitions de taekwondo pour favoriser l’équité dans ce sport.


 

 

 

Aujourd’hui, depuis 2010… La décision.

 

Voici les plastrons électronique Dae Do qui ont été choisi pour les Jeux Olympique de 2012 en Engeterre
Les pitaines Dae Do doivent être utilisés avec les plastrons électroniques car ils ont également des micro-puces intégrées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La WTF a annoncé la sélection de l’entreprise « Daedo » pour les protections électroniques des Jeux Olympiques de Londres 2012. Swiss Timing, société retenue par le CIO pour le chronométrage aux JO qui procédé à cette sélection. Plusieurs critères sont rentrés en compte dans le choix du fournisseurs afin d’assurer le meilleur fonctionnement lors des JO.

 

La WTF a confirmé de son côté que Daedo serait également utilisé pour tous les tournois de qualifications olympiques. Les plastrons LaJust pourraient eux être utilisés pour les autres compétitions WTF.